Chaque semaine, je reçois des devis de mise en conformité RGIE envoyés par des particuliers qui ont acheté une maison et qui doivent régulariser leur installation. Et chaque semaine, je tombe sur les mêmes abus. Pas forcément de la malhonnêteté pure — mais des pratiques grises que les artisans répètent parce que les clients ne savent pas contester. Voici les 10 arnaques les plus fréquentes, avec comment les repérer et combien vous pouvez récupérer en négociant.

1. Le remplacement intégral du tableau quand une extension suffit

C'est l'abus numéro 1. Votre tableau existant est vieux mais fonctionnel. L'électricien vous propose de le remplacer intégralement, alors que le RGIE n'exige qu'un ajout de quelques modules (un différentiel 30 mA supplémentaire, par exemple) pour passer aux normes.

Le coût réel : ajouter 4 à 6 modules dans un tableau existant coûte entre 250 et 450 €. Un remplacement complet : 1 100 à 2 400 €. Différence : 750 à 1 950 € de gonflage.

Comment le repérer : demandez à l'électricien pourquoi le remplacement est nécessaire. Si la réponse est vague (« c'est plus propre », « c'est plus sûr »), c'est qu'il n'y a pas de raison technique.

2. Les points électriques « à remplacer » sans justification RGIE

Le RGIE n'impose pas de remplacer les prises et interrupteurs existants. Il impose qu'ils soient fonctionnels, sécurisés (pas d'amorce, pas d'isolation cassée) et conformes (présence de la terre pour les prises). Un inter qui fonctionne ne doit pas être remplacé.

Le coût réel : 15 à 20 points « remplacés pour conformité » à 75 € pièce = 1 125 à 1 500 € de prestation souvent inutile.

Comment le repérer : demandez sur quel article précis du RGIE repose l'obligation de remplacement. Silence = arnaque.

3. Le différentiel 30 mA type A facturé comme du type F

Un différentiel 30 mA type A coûte 110 à 140 € fourni et posé. Un type F (plus rare, pour circuits spécifiques) coûte 220 à 290 €. Certains devis facturent du type F partout alors que le type A suffit.

Le coût réel : 3 différentiels type F au lieu de type A = 300 à 450 € en trop.

Comment le repérer : le type est souvent écrit en petit dans le devis. Vérifiez que chaque différentiel correspond bien à un usage qui justifie le type F (plaques à induction avec variateur, certaines pompes à chaleur).

4. La « mise à la terre générale » facturée alors qu'elle existe déjà

Si votre maison a déjà une prise de terre conforme (ce qui est le cas de 90% des maisons construites après 1980), il n'y a rien à faire. Certains devis facturent pourtant 400 à 800 € de « mise à la terre » qui se résume à… vérifier celle qui existe.

Comment le repérer : demandez à voir la mesure de la résistance de terre. Si elle est déjà inférieure à 30 ohms, l'intervention est facturable au maximum 80 à 120 €.

5. Le « forfait imprévus » à 10-15% du devis

Un forfait « imprévus » de 10 à 15% ajouté en bas du devis, c'est une licence pour vous surfacturer n'importe quoi pendant le chantier. Les imprévus existent, mais doivent être négociés au cas par cas, pas forfaitairement.

Le coût réel : sur un devis de 4 500 €, un forfait de 12% = 540 € de plus, sans contrepartie garantie.

Comment le repérer : c'est littéralement écrit « imprévus » ou « aléas » dans le devis. Demandez sa suppression et la facturation à l'heure si besoin.

6. La main-d'œuvre à 90 €/h « parce que le chantier est compliqué »

Le juste prix horaire à Charleroi en 2026 est de 55-65 € HT. Certains devis facturent 80-95 € en invoquant la « complexité » ou la « vétusté ». Rarement justifié en mise en conformité standard.

Le coût réel : sur 40 heures de chantier, un écart de 25 €/h = 1 000 € de surcoût.

Comment le repérer : comparez avec au moins 2 autres devis, ou demandez-moi un audit.

7. Le câblage « à remplacer intégralement » alors qu'il est sain

Du câble 3G1,5² ou 3G2,5² qui a moins de 30 ans, en bon état, avec isolation intacte, ne doit pas être remplacé pour une mise en conformité RGIE. Pourtant, certains devis prévoient de tout refaire « par sécurité ».

Le coût réel : tirer 200 mètres de câble = 1 200 à 2 200 € de main-d'œuvre + fourniture. Souvent inutile en conformité.

Comment le repérer : demandez le rapport de l'organisme de contrôle qui a imposé la mise en conformité. Si le câblage n'est pas listé dans les non-conformités, il n'y a pas à le remplacer.

8. La « dépose et repose » du matériel existant facturée deux fois

Astuce classique : l'électricien facture la dépose du matériel existant (50-150 € par élément) ET la pose du nouveau. Normalement, dans une rénovation, c'est une seule prestation avec un prix unique par point.

Comment le repérer : cherchez les lignes « dépose » ou « démolition partielle » et comparez-les aux lignes de pose. Si les deux existent, c'est du doublon.

9. Le schéma unifilaire facturé en option

Le schéma unifilaire à jour est obligatoire pour la mise en conformité, tout comme la cartographie des circuits. Ce n'est pas une option, c'est inclus dans la prestation. Certains devis le facturent à part : 150 à 350 € « pour la mise à jour du schéma ».

Comment le repérer : c'est écrit « schéma unifilaire » ou « cartographie » en ligne séparée. Exigez son inclusion dans la main-d'œuvre générale.

10. La TVA à 21% alors que votre logement a plus de 10 ans

Si votre logement a plus de 10 ans et que c'est votre résidence principale, la TVA sur les travaux d'électricité est réduite à 6%. Certains devis appliquent pourtant 21% par « erreur » ou par paresse administrative. Différence : sur un devis de 5 000 € HT, c'est 750 € d'écart.

Comment le repérer : regardez le taux de TVA en pied de devis. S'il est à 21% et que votre bien a plus de 10 ans, exigez 6% et remettez l'attestation TVA à l'électricien.

En résumé : combien peut-on récupérer ?

Sur un devis de mise en conformité à 5 000 €, il est fréquent de récupérer entre 800 et 2 000 € après avoir repéré 3 ou 4 de ces abus. Mais encore faut-il savoir les voir. C'est exactement ce que je fais dans l'audit à 49 € : je parcours votre devis avec cette grille de lecture, je quantifie chaque abus, et je vous donne les arguments pour négocier.

Conseil de pro : ne négociez jamais sans arguments. Un « c'est cher » tombera dans le vide. Un « l'article 4.2.3 du RGIE ne prévoit pas ce remplacement, pouvez-vous me réexpliquer ? » fait plier l'artisan en 3 minutes.

Votre devis contient-il ces arnaques ?

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